Vos montres Garmin sont-elles menacées ? Deux plaintes explosives viennent d’ébranler l’univers du sport connecté. Strava, l’application préférée des athlètes, et Suunto, la marque finlandaise spécialisée dans les montres outdoor, ont toutes deux engagé des poursuites judiciaires contre Garmin. En jeu : des brevets clés et l’avenir de plusieurs fonctions populaires comme les segments ou les cartes d’activité. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Strava contre Garmin : une alliance qui tourne à la guerre
L’affaire remonte à 2011, lorsque Strava dépose un brevet pour sa fameuse technologie Segments, qui permet de comparer les performances d’un utilisateur sur une portion précise d’un parcours grâce au GPS. Ce brevet est validé en 2015, mais Garmin avait déjà intégré une fonction similaire dès 2014 sur son compteur Edge 1000.
Les deux entreprises avaient ensuite signé un partenariat : les Strava Live Segments étaient intégrés aux appareils Garmin, une collaboration étroite qui a duré près de dix ans. Mais cette entente vient de s’effondrer.
Strava accuse désormais Garmin de violation de brevet et de contrat. Selon la plainte, Garmin aurait intégré et diffusé sous sa propre marque des fonctions de segments sans respecter les termes de l’accord initial. Garmin aurait aussi ajouté des compétitions et des classements directement dans Garmin Connect, indépendamment de Strava.
Trois autres brevets sont également concernés, dont un lié aux cartes thermiques et à la recommandation d’itinéraires en fonction des activités des autres utilisateurs. Strava réclame des dommages financiers et l’interdiction pour Garmin de vendre ses produits utilisant ces technologies.
Un scénario redouté se profile : Garmin pourrait être contrainte de désactiver certaines fonctions via une mise à jour logicielle, comme Apple l’avait fait avec son capteur d’oxygène sanguin après un différend similaire.
Le message explosif de Strava sur Reddit
La tension est montée d’un cran le 3 octobre. Matt Salazar, directeur produit de Strava, a publié un long message sur Reddit pour expliquer les raisons du conflit.
Selon lui, Garmin aurait imposé de nouvelles règles API obligeant tous ses partenaires, dont Strava, à afficher le logo Garmin sur chaque écran, graphique ou publication utilisant ses données, sous peine de perdre l’accès à l’API dès le 1er novembre.
Strava accuse Garmin de vouloir transformer sa plateforme en outil publicitaire, au détriment de l’expérience utilisateur. « Nous pensons que ces données vous appartiennent », a déclaré Salazar.
Mais la communication n’a pas eu l’effet espéré. Sur Reddit, les réactions ont été virulentes : de nombreux utilisateurs ont dénoncé l’hypocrisie de Strava, rappelant que la plateforme impose elle-même des restrictions à d’autres services tiers.
Un commentaire résume la colère générale :
« Strava ne sert à rien si elle ne fonctionne plus avec Garmin. Le jour où la synchro s’arrête, je supprime mon compte. »
Le ton est donné : les utilisateurs refusent d’être pris en otage dans une guerre commerciale.
Suunto entre dans la bataille
Comme si cela ne suffisait pas, Suunto a déposé sa propre plainte contre Garmin, l’accusant de violer cinq brevets liés à des technologies de montres connectées. Parmi eux figurent :
- un système de détection de coup pour les montres de golf,
- une méthode économe en énergie pour analyser la respiration via la fréquence cardiaque,
- et un procédé de conception d’antenne permettant d’intégrer des composants métalliques sans perturber le signal GPS.
Les séries Fenix, Forerunner, Venu, Instinct, Epix et même les luxueuses MARQ sont citées dans la plainte.
Bonne nouvelle pour les consommateurs : Suunto ne demande pas l’arrêt des ventes, seulement des compensations financières. Autrement dit, vous pourrez toujours acheter une montre Garmin, y compris lors des Amazon Big Deal Days, sans risque immédiat de retrait.
Une bataille d’image autant que de brevets
Entre Strava qui accuse Garmin de « publicité déguisée » et Garmin qui défend ses droits sur ses données, le fossé semble désormais trop profond pour être comblé.
Mais pour les utilisateurs, la vraie inquiétude reste la même : perdre l’accès aux fonctions qu’ils utilisent chaque jour. Une issue judiciaire pourrait forcer Garmin à revoir profondément son écosystème logiciel, provoquant un véritable séisme dans le monde du sport connecté.
Reste à savoir si ces batailles juridiques aboutiront à un compromis ou à une rupture définitive. Une chose est sûre : les prochains mois s’annoncent électriques pour Garmin, Strava et toute leur communauté.

Je suis Romain, rédacteur passionné par tout ce qui touche au high-tech, à la crypto, et à l’innovation. Diplômé d’une école de marketing à Paris, je mets ma plume au service des dernières tendances et avancées technologiques.













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